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Questions et réponses pendant le cours
Structure du langage
Q. Quand même, les signaux des animaux supposent une
intelligence !
R. L'analyse qui repose sur le paradigme mécaniste du
vivant permet de faire l'économie d'une pensée pour expliquer le
fonctionnement du langage animal. Cependant, qu'il y ait une
intelligence animale ne fait aucun doute. Le problème, c'est qu'elle
ne prend pas la forme de l'intelligence conceptuelle, sinon nous
pourrions directement communiquer avec l'animal.
Q. On prête facilement à l'animal un caractère humain.
R. Cela fait partie de la surimposition naturelle du mental. Nous
avons tendance à projeter des formes et à y adhérer, ce qui fait
naître des illusions.
Q. Je trouve excessive cette thèse qui fait de l'animal un
automate.
R. Oui. Elle repose sur un modèle mécaniste tout à fait
discutable et en réalité complètement périmé au regard de la
physique actuelle. Cf Frijof Capra Le temps du changement.
Q. Pour ceux qui aiment les animaux, cette théorie mécaniste est
choquante, impossible à avaler, parce que l'intimité avec l'animal
existe tout de même.
R. On ne peut plus être mécaniste si on étudie l'animal
directement et surtout dans son milieu.
Q. Ce qui me choque c'est surtout cette absence d'âme chez
l'animal.
R. Il faut se souvenir que pour Descartes, c'est un paradigme
d'explication scientifique avant tout. Une manière de penser qui semble
nécessaire au biologiste.
Q. N'est-ce pas au contact de l'homme que l'animal devient
conscient?
R. Les animaux familiers ne sont pas très représentatifs
effectivement de ce que représente la pensée immédiate de l'animal
au sein de la Nature. Cependant, même s'il y a une influence, l'animal
ne devient pas humain par familiarité tout de même.
Q. N'est-ce pas un souci de supériorité, d'orgeuil, qui pousse
l'homme à nier la conscience de l'animal?
R. Oui certainement, parce que l'approche scientifique à elle seule
n'explique pas ce fossé.
Q. Il paraît qu'il a existé des procès d'animaux!!
R. Je ne connais pas le détail de cette affaire ! mais ce serait
effectivement intéressant d'examiner ces cas dans le détail. Je
m'interdis de me prononcer sur ce que je connais pas.
Q. Le muet, contrairement à l'animal, a la capacité de choisir,
d'être maître de lui-même.
R. Oui, il éprouve son libre-arbitre même en l'absence d'un sens
et je dirais justement contre cette absence.
Q. Après tout, un homme peut toujours penser, mas aussi s'exprimer
de manière incohérente.
R. C'est vrai que les maladresses d'expression ne sont pas
forcément à prendre au pied de la lettre, car il y a souvent des
blanc dans le raisonnement qui font qui le discours semble décousu. Si
on remet le lien, cela devient logique.
Q. Cela nous oblige à penser qu'il y a de la parole inconsciente,
donc à admettre l'existence de l'inconscient.
R. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de parler d'inconscient
ici, c'est plutôt une relation entre l'explicite et l'implicite, entre
le verbal et le non-verbal, entre les mots et les silences entre les
mots. Pour un psychanalyse comme Lacan évidemment cela appelle la
doctrine de l'inconscient.
Q. Pour les linguistes d'où vient le langage à l'origine?
R. C'est une question interdite! La société de linguistique
n'admettait aucune communication sur l'origine des langues, parce que
cette question débouche sur des hypothèses insolubles, trop
métaphysiques ou religieuses.
Q. C'est aberrant de penser que le langage n'a aucune origine !
R. C'est une question qui philosophiquement a un sens, mais du point
de vue de la théorie de l'arbitraire du signe et de la méthode
comparative des langues, ce n'est pas une question appartenant à la
linguistique.
Q. C'est étonnant que l'on est aucune preuve concernant l'origine
du langage.
R. Pensez aux historiens, pour prouver, il leur faut des documents,
mieux, des traces écrites. Quelles traces aurait-on d'un langage
seulement oral qui daterait de milliers d'années?
Q. Vous dites que le langage ne peut avoir été au début
conventionnel, mais cela a bien commencé par des sons, un langage
malgré tout chez l'homme préhistorique.
Q. Entre les signaux d'appel et les mots il y a des différences
considérables. Pour les linguiste, c'est carrément un saut de l'un à
l'autre. Les tentatives pour chercher une continuité restent assez
pauvres. Le vrai problème, c'est que nous sommes confrontés en
cherchant l'origine du langage à l'origine de la pensée chez l'homme.
Q. Quand Benveniste oppose le thesei (conventionnalisme) au phusei
(naturalisme), est-ce que c'est la pensée qui est en cause ou
seulement les sons?
R. C'est le rapport entre le nom et la forme, le nom dérive-t-il de
la forme, ou bien est-il purement conventionnel? Le signifiant table
porteur de l'idée de table résonne-t-il en accord avec l'objet
"table"?
Avec la participation de Blanche Konrad, alice Verland,
Severie Egré, Nolwen Le Serrec, Hélène Joie, Elise Infray.

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