Les échanges

Les notions en jeu dans le cours

Nous vivons en société en relation avec autrui et qui dit relation dit échange. Echanger veut dire donner d’un côté, une chose, un service, une information etc. et en retour recevoir là aussi une chose, un service, une information etc. L’échange est, d’un point de vue anthropologique, considérée comme une caractéristique humaine. Il est difficile de parler exactement d’échange chez l’animal. Certes le crocodile qui laisser des oiseau se nourrir des dépôts entre ses dents semble échanger un service. L’oiseau obtient une nourriture et une protection, le crocodile y trouve un dentiste. Mais c’est un exemple de service mutuel, mais qui n’est pas, comme chez l’homme, une opération réfléchie. L’échange humain fait l’objet d’une évaluation et d’une concertation, de telle manière que l’homme est capable de discerner le cas où il se produirait un vol, une exploitation, ou une violence, du simple don. Pas d’échange sans la recherche d’un intérêt mutuel. Le vol n’est pas un échange, puisqu’il ne sert que l’intérêt du voleur. Pas d’échange dans l’exploitation, puisque le bénéficiaire nie l’intérêt de celui qu’il exploite. De même, l’acte de violence, dans la mesure où il ne répond qu’à l’intérêt du violent, contredit l’échange. Enfin, dans le don, l’échange est perdu de vue, puisque volontairement, l’un offre quelque chose sans exiger de contrepartie.

Il est exact que la motivation humaine a en vu un intérêt, qui est la fin que l’on poursuit. Or, le mot intérêt, curieusement, est interprété dans nos société, que sous son aspect économique. Cette assimilation est si bien opérée, que lorsque nous nous demandons s’il y a un intérêt à faire telle ou telle chose, nous pensons immédiatement à l’intérêt économique. Nous pouvons très bien trouver à un échange un intérêt d’un autre ordre. Une conversation est un échange qui peut avoir un intérêt psychologique, quand j’y trouve des éléments pour surmonter mes problèmes. Elle peut avoir un intérêt intellectuel, culturel en général. Tel est le motif des rencontres entre les cultures des manifestations placée sous le chapitre des échanges culturels. Fondamentalement, l’échange n’est pas économique, il est humain et l’intérêt économique n’est qu’un intérêt parmi d’autres. Echanger, c’est entretenir des liens avec autrui, l‘échange est une forme de la communication en général.

Pourquoi interpréter d’abord l’échange en termes économique ? Cela vient-il de ce que notre monde actuel se représente la réalité d’abord dans le langage de l’économie ? Il est vrai que les affrontement idéologiques de l’après-guerre mettaient la politique sur le devant de la scène. Le déclin des idéologies a favorisé un mode de représentation du monde où l’économie a pris la place de la politique. Dans un monde dominé par les considérations économiques, le souci de la productivité, les statistiques de croissance et de chômage, on en vient à faire l’évaluation de toutes les productions humaines en termes économiques. On ne sait plus très bien marquer les frontière entre ce qui est économique et ce qui ne l’est pas. C’est une raison suffisante pour que nous accordions une attention sérieuse à l’analyse économique de l’échange.

Or ce que nous voyons bien c’est qu’il n’est pas évident que la rationalité économique, qui repose sur des impératifs de profit, puisse coïncider avec la rationalité morale, qui repose elle sur le souci de la justice dans la répartition des échanges. Idéalement, il semble dans la nature de l’économie de devoir régler l’échange de telle manière qu’il puisse contribuer à la prospérité de tous. Mais l’économie se met en place à travers un système (troc, capitalisme, communisme) qui organise l’échange. Tout dépend donc de la manière dont le système économique est organisé et de sa logique. L’économie actuelle n’obéit-elle pas à la logique du seul accroissement du profit, sans avoir en vue sa répartition ? quelle est le rôle exact de la monnaire dans l’échange ?

La question est aussi de savoir qu’est ce qui a une valeur économique et qu’est ce qui n’en n’a pas. Peut-on tout acheter ? (les choses, une situation, une femme, des amis, des idées, le pouvoir ? etc.) Comment marquer la différence entre ce qui n’a pas de prix, mais possède une dignité (la vie d’un enfant, l’intégrité morale d’une personne) et ce qui possède seulement un prix (les biscuits sur les rayons du supermarché, les choses que l’on achète). Ne faut-il pas surtout prendre en compte la dimension humaine du travail qui s’incarne dans tout objet et dans tout service ?

Ce qu’il faudra étudier et retenir :

Aristote l’échange et la monnaire p.40. La consommation p.41 Elias. L’exploitation économique des passions humaines p.42. La corrélation économique des intérêt Smith p.43. Les effet du commerce p.44 Constant. Le seul intérêt ne fait pas une volonté générale p.46 Durkeim.